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[i565] DE LA VILLE
commectre à la mercy des ventz; et sc ilz se y commectent, il advient souvent naufrage, parce que lesd, hurques, qui sont fort profondes, heurtent contre les rocz cachez dedans la mer, cela advenant, tout le bled seroit entierement perdu ; que à ceste cause ilz n'ont sceu, trouver marchans quil l'ayent voullu entreprandre, sinon aux perilz ct fortunes de la Ville, qui prandroit sur soy tous dangers de mer, et promectre garantir et desdommager de tous fraiz, promesses et obligations qui se pourroient faire à lad. execution, soit pour recouvrer argent à Anvers et autres lieux de leur credit ou de leurs amys, avec promesse de payer et acquicter toutes les lectres de banques et les interestz d'icelles aux jours et au temps qui seroient par eulx accordez; que pour ce faire, il failloit faire provision depecune presenteet de grande et bonne somme. Demandoient aussi que si les bledz chargez esd. hourques, qui sont fort grandes et cap-pables d'une bien grande quantité, estoient eschauffez par la longueur du lemps qu'ilz demeureroient esd. hurques, ou autrement détériorez, que ce fut aux perilz et fortunes de lad. Ville. Auroient aussi faict entendre que lesd, hurques ne peuvent estre chargées ne deschargées à port, mais bien à Ia radde par petitz vaisseaulx, que s'il advenoit que en ce faisant ilz feussent mouliez, ilz n'en feussent responsables; mesmes que si le bled venoit à tart ct après les nouveaulx recueillys, qu'ilz en feussent du tout deschargez; sur quoy il failloit bien adviser et regarder par quelz moyens l'on recouvreroit argent et gens pour ceste execution; la compaignée savoit assez que les Prevost et Eschevins estoient preposez à la Ville à certains effectz qui requeroient leur presence, aussi ne sont-ilz marchans ne traffiquans en mer, Ies sup-plioient adviser sur le tout. Ont encores dit qu'ilz ont communiqué de cest affaire à monseigneur Ie premier president, qui est bien d'avis de faire amas de bledz, et que chascun doibt liberallement ouvrir sa bource, comme il a offert une bonne et notable somme d'escuz soleil, promectant encores que, si nous en avons besoing de plus grande somme, il se y mectroit autant que sa puissance le pourroit porter, cr Sur quoy, après avoir longuement debatu sur tous les susd, articles, mesmes sur la difficulté de recouvrer et bledz et argent pour en faire l'achapt, et que monsr le Lieutenant civil, qui a la charge de la police, a declairé avoir, ces jours passez, esté en Champaigne, et sceu certainement que en plusieurs villes, chasteaulx et maisons de seigneurs il y avoit bien grande quantité de bledz, dont la Ville seroit se-
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DE PARIS. 519
courue, aussi qu'il a commencé faire une perqui-sicion ct inventaire des bledz estans es greniers de ceste Ville, laquelle perquisition il entend faire bien exacte, et faire la distribution de la vente desd, bledz en telle sorte qu'il espere avec la grace Nostre Seigneur, ct moyennant la faveur qu'il aclcnt du Roy, à la majesté duquel monsr le Prevost dc Paris a envoyé certains mémoires des déliberations de police, que la Ville n'aura aucune neecessité. A esté enfin résolu et advisé que de prandre le chemyn de Donzvic seroit chose longue et difiîcille, acompaignée de dangers et interestz, et si seroit acommoder noz voisins d'une notable somme de deniers, qui vault myeulx demeurer es mains des suhjeclz du Roy que transportée en loingtaine et estrange nation qui n'a gueres ou point de commerce avec nous; qu'il sera bon actendre quc les laboureurs ayent ensemencé les terres, et après faire une perquisition en la ville ct Prevosté de Paris de tous les bledz qui seront es greniers et granges; que monsr le Prevost de Paris ou Mess™ ses Lieuxtenans facent advertir tous les habitans de Paris qu'ilz ayent à s'en fournir hors lad. Ville, et encores hors la Prevosté et Viconte de Paris, de telle quantité de bledz qu'ilz penseront leur estre neccessaire pour la nourriture de leur famille pour six moys, si faire ce peult, sinon pour le plus longtemps que possible leur sera, affin que, advenant faulte de bled, ilz puissent estre secouruz du leur, ct celuy qui viendra aux marchez publiques distribué aux boullengers pour estre converty en pain pour le pauvre et menu peuple; qu'il fault commectre es portes et sur la riviere gens fidelles qui preignent par registre la quantité de tout le bled qui sera admené en ceste Ville, le nom du bourgeois auquel il appartiendra ct le lieu de sa demeurance, affin d'estre certain de ce qui sera entré après la perquisition faicte par led. Prevost de Paris ou ses Lieuxtenans; et que cc pendant lesd. Prevost et Eschevins doibvent escripre à Leurs Majcstez de la neecessité de la Ville, les supplier tres humblement leur donner ayde et faveur, ad ce qu'ilz puissent estre secouruz en ceste neecessité des autres provinces du royaulme, comme toutes loix divines et humaines obligent les subjeetz d'ung royaulme secourir les ungs les autres en neccessitez telles qui sont communes et regardent tous les membres dud. royaulme; et que à cest effect il plaise à Leursd. Majestez ordonner lectres patentes adressantes à tous gouverneurs de provinces, baillifz, seneschaulx, juratz, maires et gouverneurs de villes, faire exactes descriptions de tons
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